Anastase,
mascotte de la sécurité routière en maternelle

Françoise Brun, professeur des écoles, et Fabrice Comte


Vidéo 1 : La théorie

« Si au lieu de dire "La Loi dit que...",
on disait "Voilà pourquoi la Loi a été créée...",
on serait beaucoup plus pédago !
»

"Coin ! Coin !" Attention ! Au mois de juin prochain toutes les écoles maternelles seront équipées d’une nouvelle mascotte : le canard Anastase. C’est un CD-Rom destiné à l’usage en classe, et qui a pour but d’initier les petits enfants à la sécurité routière. Françoise Brun, ancienne directrice d'école maternelle et chargée de mission Sécurité routière Education nationale, et Fabrice Comte, responsable pédagogique société AcomZ Multimédia, nous expliquent les principes de ce programme et nous en font la démonstration.

>> Vidéo 1 : La théorie
>> Vidéo 2 : La démonstration (voir plus bas)

Origine d’Anastase

Ce furent les parents qui vinrent la trouver. L’école était tout près d’une route passante, pour de petits enfants ô combien menaçante ; il fallait expliquer aux enfants le danger. Le danger, pas la Loi ; car la Loi vient d’en haut, la prudence, d’en bas : ses règles sont plus sûres. Le code de la route, il est pour les voitures, et les petits piétons se cognent aux panneaux.

Le projet d’Anastase remonte à plusieurs années : les premiers expérimentateurs, élèves en maternelle chez Françoise Brun (l'école maternelle La Roseraie à Marseille), ont aujourd’hui l’âge de conduire. Une des ambitions importantes du projet est de remonter de l’école à la famille, de l’enfant aux parents. Sait-on qu’aujourd’hui 2 enfants sur 5 tués sur la route le sont par leurs parents ? Grâce à Anastase, les parents changeront, on l’espère, on l’observe déjà, leur propre comportement en fonction des enfants.

La Prudence, pas la Loi

L’idée de Françoise Brun est parfaitement révolutionnaire : la Loi est faite pour les adultes, par pour les enfants ! Et encore, si les adultes en comprenaient la vraie raison, on n’en aurait nul besoin. Un jour, elle reçoit la visite d’un ministre de l’Education, et lui fait passer un petit test : qu’est-ce, Monsieur le Ministre, que la sécurité routière ? Le Ministre embarrassé : euh, le Code de la route, les Panneaux ! Françoise : non, Monsieur le Ministre. Le panneau, c’est ce dans quoi l’enfant rentre s’il le regarde : à son échelle, c’est le 5e étage d’un immeuble. Et avec ça, le temps de regarder le panneau, l’enfant se fait écraser. Non. Les panneaux sont faits d’abord pour les automobilistes ; les enfants sont des piétons, ou des passagers. Ce qu’ils doivent intérioriser, ce n’est pas la Loi, mais la notion de danger et la règle qui s’en déduit logiquement et pratiquement. Et cela s’apprend, en apprenant à l’enfant à voir, à entendre et à identifier les choses et les dangers. C’est cela qu’elle fait dans sa classe avec ses petits élèves.

Gestation d’Anastase

Le ministre séduit nomme Françoise dans le Groupe chargé de rédiger les textes de l’Attestation Scolaire de Sécurité Routière (qui se passe en 5e). Elle est désormais chargée de mission en sécurité routière à l’Education Nationale, et forme les enseignants et les formateurs. Pendant ses temps de loisir, elle développe avec Fabrice Comte, chef de projet dans une entreprise multimédia, et en partenariat avec le ministère de la recherche, la Sécurité routière et la MAE (Mutuelle d’Assistance Elèves) qui financera le matériel, un programme pédagogique et ludique adapté aux enfants. Ce programme est fondé tout entier sur la logique de la prudence. Le CD-Rom reprend un personnage de dessin animé : Max, un enfant accompagné d’une sorte de Jérémy Cricket, sa conscience de piéton, qui l’avertit des dangers, mais sans jamais chercher à inculquer la Loi.

Méthode

L’enfant éprouve des difficultés à identifier le son, à tourner la tête pour regarder : il faut lui apprendre à repérer les indices visuels et auditifs. Il doit aussi apprendre à distinguer entre voir et être vu : on sait qu’un petit enfant croit échapper au regard des autres en se voilant les yeux ! Il doit savoir aussi que le passage piéton n’est pas une protection (un enfant tué sur deux est tué sur un passage piéton).

On montera donc un parcours sur le plan que l’enfant construira lui-même sur maquette, avec un scénario de déplacement. Le CD-Rom comprend donc toute une panoplie matérielle, qui arrache l’enfant au monde virtuel et solitaire de l’écran, et l’introduit à la vie sociale et à l’espace routier. Il apprend enfin, tout en jouant, le vocabulaire de la rue : 35 mots répartis sur 7 familles de 5 cartes, pour se repérer dans l’espace routier ; enfin, à la fin de l’année, il rapportera le jeu dans sa famille pour l’initier à son tour à cette logique de la prudence que trop peu d’adultes maîtrisent, qui ne connaissent guère que la peur du gendarme et le désir de la transgression. Enfin, la chanson d’Anastase récapitule les règles de la prudence.

Pratique

Tout cela ne fait encore que développer un savoir : reste le savoir pratique, qui ne s’apprend pas sur ordinateur, ni en simulant. La dernière étape du jeu rejoint la vie. Il faut sortir et marcher. Alors l’enfant pourra passer des tests et recevoir un premier diplôme.

Les règles du jeu

Anastase est un jeu, sans doute, mais un jeu sérieux : il a pour objectif d'apprendre aux enfants les règles de la prudence, non comme des lois imposées, mais comme découlant de l'observation et de l'analyse pratique du milieu routier et de ses dangers.

Vidéo 2 : La démonstration

« L’essentiel se joue dans la pratique réelle, dans la rue. »

Françoise Brun présente les quatre principaux ateliers d'Anastase.

1/ La Photo de classe permet à l'enfant de créer sa propre image virtuelle, avant de la matérialiser sous forme d'une image en carton qui pourra se déplacer dans la maquette du quartier.

2/ L'Espace routier permet de construire le quartier où habitent les personnages du jeu, et où l'enfant pourra lui-même évoluer : il apprend ainsi à catégoriser les divers éléments de l'espace routier, maisons, voitures, personnes, mobilier urbain.

3/ La Chanson d'Anastase résume les principales règles à suivre pour traverser une route.

4/ Le Jeu de cartes rassemble tous les dangers de la rue, et les 35 mots à maîtriser pour comprendre l'espace routier.

Outre ces quatre ateliers, le CD-Rom contient des exercices de difficulté croissante acheminant l'enfant vers son diplôme... Mais, insiste Françoise Brun, le diplôme ne signifie rien, non plus que la chanson connue par cœur : le véritable viatique sera donné par la mise en pratique en situation réelle, dans la rue.

 

Le CD est gratuit, téléchargeable sur l’ordinateur de l’école, et, parce qu’il est conçu pour les enseignants, il doit être accompagné par une formation appropriée, afin qu’il ne reste pas sur les étagères.

© CyberEcoles, Ariel Suhamy, mars/avril 2004

Nom des interviewés

Françoise Brun, Fabrice Comte

Thème
CD-Rom, Famille, Jeux éducatifs, Multimédia
Discipline toutes
Etablissement IUFM Lyon
Niveau Collège, Lycée
CyberVolontaires non
Vidéo oui
Contact

Jeanne Suhamy :
jeanne.suhamy@aphania.com
Tél. 06 85 15 15 83

Adresse du site internet http://www.anastase.org et http://www.mae.fr/guide/471932.htm