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François Ledoux, instituteur, a passé dix ans dans le milieu scolaire avant de s'orienter vers la formation professionnelle où il a découvert l'informatique. Il a ensuite passé plusieurs années au Vietnam où il a assisté aux difficiles débuts d'Internet. Revenu dans l'Education nationale, il est depuis 1998 mis à disposition à la Cité des Sciences et de l'Industrie (CSI) de la Villette ; dans le cadre de son département Education, il s'y occupe des "Classes Villette".
Souvent, les enseignants qui se lancent
dans cette aventure connaissent déjà la Cité et une partie de ses
ressources, ce qui, là encore, privilégie les établissements parisiens
et de banlieue. Celles-ci sont nombreuses et variées, et les classes
Villette s'appuient sur tout ce qu'on peut y trouver. Il y a déjà,
bien entendu, les expositions, permanentes ou temporaires, ainsi
que la médiathèque qui est très riche pour la vidéo. Mais il y a
aussi la Cité des Métiers, et, moins connue, la Halle aux cuirs
qui n'est pas ouverte au public, où, bien que la Villette ne soit
pas un musée d'objets, sont conservés un certain nombre d'appareils
liés à l'histoire des techniques. Tout cela constitue le terreau
dans lequel vont puiser les élèves pour construire le projet, avec
notre aide bien entendu.
Pas du tout. Le multimédia n'est qu'un
outil, dont, il est vrai, les élèves pourront comprendre combien
il est complexe ! On va par exemple leur apprendre à utiliser Photoshop
pour détourer une image, mais on ne rentrera pas dans toutes les
subtilités de ce logiciel. Nous avons une salle dédiée à ces expériences,
où les élèves apprennent à manipuler des pages Html, des images,
des textes, des sons, de la vidéo avec les logiciels appropriés,
cela toujours en fonction des besoins du projet et non selon un
programme technique. Parfois d'autres outils ont été utilisés :
un des projets fait appel au courrier électronique, un autre a utilisé
la visioconférence. Les élèves apprennent aussi à utiliser Internet,
à y faire des recherches.
Jusqu'à présent, cela va du CM2 et
de la sixième jusqu'à la terminale. Et contrairement à ce que vous
pourriez croire, ce ne sont pas uniquement que des professeurs des
disciplines scientifiques qui se sont impliqués dans ces projets
: nous avons aussi travaillé avec des professeurs de français et
d'arts plastiques, par exemple, et les thèmes choisis permettent
beaucoup de liberté et relient les disciplines. Dans le projet qui
a pris le thème du parfum, par exemple, les élèves ont abordé l'histoire,
le marketing, la chimie, la physiologie...
Oui et ce qui est intéressant c'est que cela autorise beaucoup d'approches différentes, compte tenu des possibilités très diverses du multimédia. Il y a beaucoup de médiations possibles avec le savoir, de sorte que tous les gamins peuvent s'y investir, chacun à sa façon, en trouvant son angle propre dans le cadre du travail collectif. C'est un grand motif de satisfaction, car on a l'impression qu'ici la technologie apporte vraiment quelque chose.
Si le goût de l'école, c'est le goût de la lecture, de la recherche, du travail en commun, si c'est le goût de l'effort et de la discipline dans un travail - et le multimédia nécessite l'un et l'autre -, alors oui, je le crois. D'ailleurs, ce ne sont pas forcément les meilleurs élèves qui s'insèrent le mieux dans ce travail collectif, même si, derrière, nous sommes là pour veiller que chacun puisse s'approprier un outil et jouer son rôle. Et puis les élèves y gagnent une reconnaissance, avec le site web et la présentation du cédérom sur écran, au lycée ou au collège. C'est pour eux un moment extrêmement riche et fort, et là c'est bien l'institution scolaire qui est valorisée. Propos recueillis par Sylvain Jouty, Aphania.
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